Une immunothérapie plus efficace que la chimiothérapie

Pembrolizumab approuvé par la Commission Européenne comme premier traitement dans la forme avancée du cancer du poumon le plus courant (non à petites cellules)

Mercredi 1 février 2017

  • Environ 85% des cancers du poumon sont des cancers non à petites cellules (1).
  • Le pronostic du cancer du poumon est particulièrement défavorable, il est la première cause de décès par cancer dans notre pays (3).

Aujourd’hui, la Commission Européenne vient d’approuver le pembrolizumab comme seul traitement par immunothérapie efficace en 1ère ligne dans la forme avancée du cancer du poumon le plus courant (non à petites cellules) qui concerne 85% des cas de cancer du poumon. Concrètement, les patients atteints de ce cancer et démontrant un taux suffisant de marqueurs PD-L1 (marqueurs d’efficacité du traitement) ne devront plus passer par la chimiothérapie et recevront directement le traitement par pembrolizumab.

Bientôt en Belgique ?

Pembrolizumab, produit par le laboratoire MSD, est la seule immunothérapie à avoir prouvé son efficacité dans la forme avancée du cancer du poumon non à petites cellules (CPNPC) comme traitement de première ligne. « Notre étude clinique KEYNOTE-024 s’est basée sur un marqueur prédictif d’efficacité de notre traitement, la protéine PD-L1, précise Clarisse Lhoste, Managing Director de MSD Belgium. Chez les patients atteints d’une forme avancée du cancer du poumon non à petites cellules et dont les cellules tumorales exprimaient un taux élevé de PD-L1 (50%), notre traitement se révèle supérieur à la chimiothérapie. Nous nous réjouissons de la décision de la Commission Européenne Nous collaborons étroitement avec l’INAMI et le ministère de la Santé afin d’obtenir un remboursement rapide pour cette nouvelle indication en Belgique. » 

La difficile prise en charge du cancer du poumon

En Belgique, on recense environ 8.000 nouveaux cas de cancer du poumon par an (2). On distingue deux grands types de cancer du poumon : les cancers non à petites cellules (environ 85%) et les cancers à petites cellules (environ 15%). Le cancer du poumon a globalement un mauvais pronostic. Il est le premier responsable de décès chez l’homme et le deuxième responsable de décès chez la femme dans notre pays. La survie globale à 5 ans du cancer du poumon est de 15,8% chez les hommes et 22,6% chez les femmes en Belgique. De plus, 70% des cancers du poumon sont découverts à un stade avancé (stade III ou IV) (3). Au  stade IV, le taux de survie à 5 ans diminue considérablement pour atteindre 1% (4). L’arrivée de l’immunothérapie dans le cancer du poumon non à petites cellules et l’évolution de la prise en charge vers un traitement de référence pour les cancers avancés pourraient véritablement changer la donne.

Survie globale significativement supérieure à la chimiothérapie

Le Professeur Thierry Pieters, pneumologue aux Cliniques Universitaires Saint-Luc, commente : « Cette annonce est historique pour l’immunothérapie et atteste un changement de paradigme dans l’approche thérapeutique du cancer. Environ 1/3 des personnes atteintes d’un cancer du poumon possèdent une forte expression de PD-L1 et pour eux, l’immunothérapie va devenir le traitement de référence, leur donnant plus de chances de survie. Dans l’étude KEYNOTE-024, pembrolizumab a montré une survie globale et une survie sans progression significativement supérieures à la chimiothérapie. Le taux de réponse était lui aussi nettement supérieur, 45% avec le pembrolizumab versus 28% avec la chimiothérapie. Le risque de progression de la maladie est réduit de moitié, de même que les effets indésirables. Pour nos patients, c’est plus qu’une bonne nouvelle, c’est l’espoir de s’en sortir… »

Vers une médecine personnalisée

Le Professeur Dr. Johan Vansteenkiste, pneumologue-oncologue à l’UZ Leuven, clarifie l’approche des marqueurs d’efficacité: « L’arrivée de l’immunothérapie dans le traitement du cancer le plus meurtrier au monde provoque une véritable révolution. Si, aujourd’hui, l’immunothérapie est plus efficace que la chimiothérapie, c’est grâce à une approche personnalisée et à la recherche de marqueurs d’efficacité du traitement. Pour faire simple, certaines cellules cancéreuses arrivent à échapper au système immunitaire de l’organisme. Ces cellules expriment alors un marqueur spécifique (PD-L1). On sait maintenant que si les cellules tumorales expriment ce marqueur d’au moins 50%, le taux de réponse sera plus élevé et les résultats thérapeutiques seront meilleurs. Un simple test validé permettra aux médecins de déterminer le pourcentage de cellules exprimant le marqueur PD-L1 pour choisir le traitement le plus susceptible de réussir. Avec un taux d’expression de PD-L1 à minimum 50% dans un cancer du poumon métastatique non à petites cellules, on sait désormais que le patient aura plus de chances de guérir avec l’immunothérapie qu’avec la chimiothérapie. »

 

Veuillez toujours consulter la notice avant de prescrire le médicament.

(1) Non-Small Cell Lung Cancer -Union for International Cancer Control - Review of Cancer Medicines on the WHO List of Essential Medicines, 2014
(2) Fondation contre le Cancer, 2011
(3) Belgian Cancer Registry, Cancer Burden in Belgium (2004-2013)
(4) « Lung Carcinoma: Tumors of the Lungs » [archive], Merck Manual Professional Edition, Online edition, page visit 27/01/2016

 

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