Cancer de la vessie (1) : pour la première fois en Belgique, une immunothérapie remboursée à partir du mois d’octobre pour traiter des patients ne pouvant pas bénéficier d’une chimiothérapie (2)

Vendredi 6 octobre 2017 — 5e cancer le plus fréquent chez l’homme en Belgique avec plus de 2200 cas par an et 4 fois plus fréquent chez les hommes que chez les femmes, le cancer de la vessie est un cancer méconnu. (3) Et pour cause, depuis une trentaine d’années, l’arsenal thérapeutique n’a pas bougé sensiblement. Un phénomène en plein changement notamment avec l’arrivée d’une immunothérapie remboursée pour la première fois en Belgique pour traiter des patients atteints d’un cancer de la vessie (carcinome urothélial) ne pouvant pas bénéficier d’une chimiothérapie. (2) Les patients atteints d’un cancer de la vessie ayant déjà reçu une chimiothérapie à base de platine bénéficient déjà depuis le mois de juillet d’une immunothérapie. (4)

Un cancer au pronostic lourd

Malgré un taux de récidive très élevé, le cancer de la vessie détecté à un stade précoce se traite relativement bien. Par contre, à un stade plus avancé, métastatique, la médiane de survie globale diminue. L’âge moyen des patients est de plus de 70 ans. (5) A cet âge, ces personnes ne peuvent pas toujours bénéficier d’une chimiothérapie. Le cancer de la vessie métastatique est donc l’un des cancers aux pronostics les plus sombres et l’un des grands défis de l’urologie actuelle.

L’immunothérapie : enfin une nouvelle donne et un véritable espoir

Le Professeur Jean-Pascal Machiels, oncologue aux cliniques universitaires Saint-Luc, explique : « Aujourd’hui, l’immunothérapie apporte de nouvelles armes. Cette thérapie cherche à réactiver le système immunitaire pour qu’il s’attaque de lui-même aux cellules cancéreuses. Le pembrolizumab – immunothérapie anti-PD1 – est remboursé pour traiter des patients ne pouvant pas bénéficier d’une chimiothérapie à base de cisplatine. (6)

C’est aussi la seule immunothérapie qui a démontré prolonger la durée de vie en comparaison à la chimiothérapie après échec des traitements classiques incluant notamment une première ligne de chimiothérapie à base de platine. (7) De plus, les résultats montrent une réduction de risque de décès de 30% en comparaison avec le traitement standard.7 Cela nous réjouit pour tous ces patients et pour l’évolution de la discipline. »

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(1) Cancer urothélial: cancer de la vessie le plus fréquent (http://www.cancer.be/le-cancer/types-de-cancers/cancer-de-la-vessie)
(2) Chimiothérapie à base de cisplatine
(3) Cancer burden in Belgium 2004-2013, Belgian Cancer Registry, Brussels 2015
(4) Nivolumab, SmPC 10/2017
(5) www.kankerregister.org/media/docs/Incidencefactsheets/Incidence_Fact_Sheet_BladderCancer_2014.pdf
(6) Pembrolizumab, SmPC 07/2017
(7) Bellmunt et al. Pembrolizumab as Second-Line Therapy for Advanced Urothelial Carcinoma. NEJM 2017;376:1015-1026