Baromètre MSD 2017 « Les Belges face au cancer » : Pour 7 Belges sur 10, la recherche sur le cancer avance lentement

Et pourtant elle n’a jamais fait autant de progrès depuis 30 ans. Avec l’introduction de l’immunothérapie et l’utilisation inédite de marqueurs prédictifs d’efficacité pour choisir les traitements les plus à même de réussir.

Mardi 2 mai 2017

  • Plus d’1 Belge sur 2 (54%) pensent qu’ils seront un jour confronté au cancer personnellement.
  • Les Belges ont une bonne connaissance des cancers les plus courants : cancers du poumon, du sein, de la prostate et colorectal.
  • Les Belges savent que le cancer du poumon est le plus meurtrier. Il fait également partie des cancers avec le plus faible taux de survie à 5 ans.
  • Près de 6 Belges sur 10 (58%) se disent optimistes quant à la chance d’un jour vaincre le cancer.
  • Grande première dans le traitement du cancer : une immunothérapie par pembrolizumab s’avère plus efficace que la chimiothérapie et est remboursée depuis ce 1er mai en Belgique comme traitement de référence dans le cancer du poumon le plus courant (non à petites cellules).

Le baromètre du laboratoire pharmaceutique MSD (1) 2017 « Les Belges face au cancer » mené par Ipsos au mois d’avril (2) révèle un décalage entre la bonne connaissance des Belges sur le cancer en général et la perception d’une recherche en berne alors qu’elle n’a jamais été aussi vivante depuis ces 30 dernières années. Des résultats surprenants aux yeux des oncologues qui observent une véritable révolution dans le traitement du cancer depuis l’arrivée de l’immunothérapie en Belgique et depuis l’avènement de la médecine personnalisée dans le traitement du cancer du poumon. Depuis ce 2 mai, les oncologues peuvent utiliser un marqueur prédictif d’efficacité (biomarqueur) pour choisir le traitement le plus susceptible de réussir pour leur patient.

Les Belges bien informés sur le cancer

Quand on demande aux Belges quels sont les cancers les plus courants, ils indiquent les cancers du sein, de la prostate, du poumon et colorectal. Le Professeur Thierry Pieters, pneumo-oncologue aux Cliniques universitaires Saint-Luc (Bruxelles), précise : « Leur connaissance est bonne. Le cancer du sein est en effet le plus courant avec 10.000 cas. Ensuite, viennent le cancer de la prostate avec 8000 cas, le cancer du poumon avec un peu moins de 6000 cas et le cancer colorectal avec pas loin de 4000 cas (3). Et à la question sur ce qu’ils pensent être les cancers les plus meurtriers, ils sont nombreux (35%) à répondre le cancer du poumon, 20% répondent le cancer colorectal et 15% le cancer du sein. Le cancer du sein et colorectal se soignent bien et ne sont donc pas les cancers avec le plus mauvais pronostic. Par contre, ils ont raison sur le cancer du poumon. C’est un cancer avec un taux de mortalité important. Il y a un réel défi dans le cancer du poumon. Mais il se pourrait bien que nous soyons en train de le relever avec l’arrivée de l’immunothérapie dans le cancer du poumon depuis quelques mois. Une thérapie qui vient stimuler le système immunitaire pour qu’il retrouve ses capacités à combattre les cellules cancéreuses. » 

Douleur, famille et qualité de vie

Selon le baromètre, 54% des Belges disent avoir peur d’être un jour confrontés au cancer. Et la conséquence la plus redoutée du cancer (mis à part le décès) est la douleur (24%). Viennent ensuite la peur des conséquences sur leur famille et leurs proches (22%) et la peur de la dégradation de la qualité de vie (21%). A noter que chez les adultes âgés entre 35 et 48 ans, les conséquences sur la famille et les proches arrivent en tête avec 28%.

L’immunothérapie, traitement révolutionnaire

69% des Belges trouvent que la recherche avance lentement. Paradoxalement, 58% sont optimistes quant à la chance d’un jour vaincre le cancer. Le Professeur Thierry Pieters, pneumo-oncologue, s’étonne : « Nous sommes dans une période de transition dans le traitement du cancer. Tout le monde ne s’en rend peut-être pas encore compte mais la révolution que représente l’immunothérapie est véritablement en marche. L’immunothérapie est arrivée en Belgique il y a un peu plus d’un an dans un cancer extrêmement meurtrier, le mélanome. Depuis, ce traitement a rapidement été étendu à d’autres cancers, et notamment au cancer du poumon dont les chances de survie à 5 ans étaient jusqu’alors très faibles avec moins de 20%. Jusqu’à ce jour, l’immunothérapie était administrée en deuxième ligne, après l’échec d’un premier traitement. Mais, grande nouvelle, cette thérapie révolutionnaire devient maintenant le premier traitement dans le cancer du poumon pour les patients dont le taux de biomarqueurs est d’au moins 50%. »

Inédit dans le traitement du cancer : l’utilisation de biomarqueurs

Et au Professeur Johan Vansteenkiste, pneumo-oncologue à l’UZ KU Leuven, de préciser : « Ce concept de marqueurs prédictifs d’efficacité fait son entrée dans l’immuno-oncologie en Belgique. Il ouvre une nouvelle voie : celle de l’immunothérapie de précision ! Si on remarque qu’un patient possède, par exemple, un taux de marqueurs d’efficacité élevé après une analyse sanguine ou tissulaire, on peut mesurer la quantité de biomarqueurs prédictifs d'efficacité d'un patient. S’ils sont élevés, on sait que le patient répondra mieux à un traitement comme l’immunothérapie par pembrolizumab. En tant qu’onco-pneumologues, nous sommes très optimistes car, non seulement, nous avons accès à une thérapie révolutionnaire mais, en plus, nous pouvons à l’avance savoir chez qui elle sera la plus efficace. »

Clarisse Lhoste, Managing Director de MSD Belgium, ajoute : « Nous saluons la décision du Ministère de la santé d’avoir donné un accès rapide à l’immunothérapie par pembrolizumab comme traitement de référence dans le cancer du poumon le plus courant (non à petites cellules). Dès aujourd’hui, ces patients peuvent directement bénéficier de ce traitement leur donnant significativement plus de chances de survie. »

 

[1] MSD Belgium est un laboratoire pharmaceutique appartenant au groupe américain Merck & Co., Inc.

[2] Etude Ipsos réalisée sur un échantillon représentatif de 1090 Belges entre le 31/03/2017 et 04/04/2017

[3] Aperçu des dix cancers les plus courants par sexe en Belgique en 2014, Fondation Registre du Cancer